Quelle doit être l’attitude du Juif envers l’observance des ordonnances de la Torah en général et des lois alimentaires en particulier ? Si l’on se réfère aux sources bibliques, il apparaît que les mitsvot doivent être considérées comme un privilège et une dignité accordés au peuple Juif par D.ieu. Le peuple d’Israël a été chargé de réaliser, grâce à la loi reçue au mont Sinaï, l’idéal humain le plus élevé : vivre de façon telle qu’il mérite le titre de « peuple de prêtres et de nation sainte ». Comment un peuple peut-il n’être formé que de prêtres ? Comment une nation entière peut-elle être sainte ? Certes sans la Torah, cela serait effectivement impossible. En effet, la Torah crée entre le corps et l’âme des relations harmonieuses qui permettent au Juif de réaliser le noble idéal qui lui a été assigné. L’Eternel a créé l’univers et l’homme et Il a déterminé ce qui est bon pour le corps et l’âme du Juif et a interdit ce qui risque de troubler son équilibre spirituel. Par le biais des prescriptions divines, D.ieu nous a enseigné que pour le Peuple Juif un certain genre d’alimentation est pernicieux et nuit à la réalisation de sa tâche privilégiée. La Torah oriente toutes les activités de notre existence et nous guide en toutes circonstances. Elle exige de l’individu des efforts et elle crée les conditions permettant à l’esprit de vaincre ou du moins de dominer la matière. Les lois de la cachrout créent l’harmonie et le bonheur qui résultent de la réserve et de la retenue que le Juif s’impose à lui-même. Les lois alimentaires juives apparaissent en vérité comme l’un des exemples caractéristiques de la doctrine juive qui prône la spiritualisation du monde matériel. Se sanctifier, c’est dominer ses passions, maîtriser ses sens, modérer ses désirs, mettre le corps au service de l’esprit,, faire concourir les instincts eux-mêmes à l’actualisation de la Volonté Divine. Dès lors, grâce aux lois de la cachrout, le repas devient mitsvah, la table familiale s’érige en autel, la maison se transforme en sanctuaire-miniature et la banalité quotidienne transfigurée porte le sceau du divin.
Une preuve irréfutable de l’origine divine de la Cacherout
En définissant les marques par lesquelles nous pouvons reconnaître les animaux que les lois sur l'alimentation permet de consommer, la Torah déclare que seuls les animaux ayant le sabot fendu et qui sont également ruminants peuvent être consommés. Les animaux n’ayant aucune de ces deux caractéristiques ou seulement l’une des deux ne doivent pas être consommés : ils sont tréfah. Et voici le point intéressant : la Torah énumère quatre animaux seulement qui ont une seule de ces deux marques de cachrout : le chameau, le lièvre, le daman; tous trois sont des ruminants mais n'ont pas le sabot fendu-et le porc qui a le sabot fendu, mais ne rumine pas.
La preuve par 4
L'affirmation qu'il existe seulement quatre animaux dans le monde entier ayant une et seulement une des deux marques de cachrout est la preuve la plus forte (si une preuve était nécessaire) que les lois sur l'alimentation prescrites par la Torah viennent du Créateur Lui-même. Car, comment Moïse aurait-il pu savoir que dans le monde entier il ne se serait pas trouvé une cinquième espèce animale de cette sorte? Des milliers d'années se sont passées depuis ce temps-la ; des continents et des îles ont été découverts parmi lesquels, l'Amérique, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, etc. Dans tous ces mondes nouveaux, plusieurs dizaines d'espèces inconnues de bêtes et d'animaux ont été découvertes. Quelques-unes avaient les deux caractéristiques de la cachrout, d'autres n’en avaient aucune. Mais pas un seul animal de plus n'a été trouvé comportant une seule des deux marques de la cachrout que nous a indiquées la Torah. Qui, sauf le Créateur Lui-même, pouvait savoir qu'il n'y avait et qu'il n y en aurait jamais plus de quatre espèces? Si les lois de cachrout étaient une invention humaine, pourquoi la Torah aurait-elle insisté sur le nombre des exceptions-quatre- et risqué par la suite d’être accusée de faux, alors qu'il eût été si facile d'éviter d'en mentionner le nombre ? La science ne peut fournir aucune explication ni aucune raison au fait que dans tout le règne animal, seules quatre espèces ont été créées avec seulement une des deux marques de cachrout. Il semble que le Créateur ait désiré que les lois de la Cachrout fussent identifiées comme divines, facilement délimitées et acceptées.
L’homme est ce qu'il mange
Les ruminants sont des mammifères dont l'anatomie et la digestion conséquente sont particulières : ils emmagasinent dans la panse l'herbe non mâchée, puis la triturent au moment voulu après l'avoir ramenée dans la bouche. Les vaches, les bœufs, les moutons, les chèvres, les antilopes, les buffles, les cerfs et d'autres sont des ruminants. Il ne faut pas oublier d'y inclure les chameaux et les girafes. Ces quadrupèdes sont pourvus 'un estomac spécial qui, au lieu de n'avoir qu'une seule poche, en compte trois, parfois quatre. Le premier est appelé panse ou rumen (c'est la raison pour laquelle ce sous-ordre de mammifères est appelé groupe des « ruminants »). Un ruminant a sur les autres espèces l'avantage de pouvoir ingérer rapidement une grande quantité de nourriture et, comme nous l'avons dit, de l'emmagasiner dans la panse. Plus tard, l'animal étant au repos, il régurgite cette nourriture et la mâche complètement afin qu'elle puisse être digérée facilement dans les autres poches de l'estomac. Le Créateur, dans Son infinie sagesse, avait une bonne raison de donner à ces animaux cet avantage. Il convient de noter d'abord que ces derniers sont des herbivores et doivent consommer des quantités considérables de nourriture. Bien que la plupart soient pourvus de cornes, ils sont pratiquement sans défense contre les bêtes féroces, telles que le loup, le tigre, le lion, et d'autres. Toujours menacés, ils doivent avaler rapidement leur nourriture et être prêts à détaler aussi vite qu'ils peuvent dès qu'apparaît le danger. Certes, les animaux domestiques sont assurés d'une protection suffisante ; il n'empêche qu'eux également doivent ingérer une grande quantité de nourriture. Aussi l'avalent-ils sans la mastiquer. L'aliment pénètre dans la première poche de l'estomac (le rumen ou panse), puis passe dans la seconde. Quand l'animal est au repos, il ramène dans sa bouche, sous forme de boulettes, la nourriture désormais triturée et amollie, et la mastique complètement. Ensuite, chaque bouchée est avalée une seconde fois, et l'aliment passe dans les troisième et quatrième compartiments de l'estomac où la digestion s'achève. Notre propos, en nous attardant sur ces détails, n'est pas de vous donner une leçon d'histoire naturelle, mais ce sujet a une importance primordiale pour nos lois de Cachrout. Il est significatif à beaucoup d'égards, comme nous le verrons plus loin. C'est aussi un sujet d'une opportunité certaine puisqu'il en est question dans la section hebdomadaire de Chemini (Lev., chap. 11) que nous lisons le dernier Chabbat du mois de Nissan. Dans cette section, la Torah nous dit quels animaux, poissons, oiseaux, etc., sont cacher (purs), et propres à notre consommation, et lesquels ne sont pas cacher ou impurs.
Deux caractéristiques indispensables
Commençant avec les quadrupèdes, la Torah déclare que seuls peuvent être consommés par nous les animaux qui possèdent les deux caractéristiques suivantes : 1) ils ruminent, et 2) ils ont le sabot fendu. Les animaux qui ont une seule de ces deux particularités sont impurs (et, bien entendu, également ceux qui n'ont aucune d'elles). C'est un fait que la Torah n'a rien laissé dans le vague et qui, de ce fait, ait besoin d'être imaginé ou deviné. Elle énumère quatre espèces d'animaux possédant l'une ou l'autre des caractéristiques susmentionnées, et met en garde contre l'erreur de croire qu'ils sont cachers. Dans la sidra Chemini nous lisons : « Voici les animaux dont mangerez parmi toutes les espèces qui sont sur la terre : vous mangerez de tout animal qui a le sabot fendu et qui rumine. Vous ne mangerez pas de ceux qui ruminent seulement, ou qui ont le sabot fendu seulement, vous ne mangerez pas le chameau, qui rumine, mais n'a pas le sabot fendu... Vous ne mangerez pas le daman qui rumine, mais qui n'a pas le sabot fendu... Vous ne mangerez le lièvre, qui rumine, mais n’a pas le pied fendu... Vous ne mangerez pas le porc, qui a le sabot fendu, mais qui ne rumine pas. Vous les considérerez comme impurs » (Lév., 11 :2-7) La loi biblique mentionnée ci-dessus a donné lieu a controverse intéressante quelques-uns de nos érudits en Torah les plus autorisés. La question était de savoir : ces caractéristiques sont-elles simplement des traits distinctifs ou des signes au moyen desquels D.ieu nous permet de connaître lequel ne l'est point ; ou bien ces caractéristiques se rattachent-elles à la nature profonde de l'animal et le rendent cacher ? Nous n'entrerons pas dans le détail de cette controverse. Ce qui importe surtout c'est la conclusion, et ce qu'elle signifie pour nous du point de vue pratique. Cette conclusion précisait que ces signes de cachrout ont un rapport avec la nature de l'animal, car la Torah déclare clairement que la présence des deux caractéristiques rendent l'animal pur et propre à la consommation pour un Juif, tandis que l'absence de l'une ou de l’autre, et assurément des deux, le rend impur et impropre à la consommation. Pourquoi nous est-il permis, à nous Juifs, de manger seulement certains aliments, préparés d’une certaine façon (conformément aux lois de la Torah) ?
Une allergie
La même question pourrait être posée au sujet de toutes nos lois qui nous distinguent des autres nations. La Torah nous dit que nous sommes une nation sainte et que nous devons mener une vie sainte. D.ieu nous commande maintes et maintes fois dans la Torah : « Vous serez saints, parce que Moi, votre D.ieu, Je suis saint ». D.ieu étant notre Créateur, II sait ce qui nous sanctifie et ce qui nous contamine et détériore notre nature. Nous, en tant qu'êtres créés, pourvus d'un esprit qui est, comme toutes nos autres facultés, limité, ne pouvons connaître la signification pleine et entière d'aucune de nos mitsvot. Nous pouvons reconnaître seulement quelques-unes des raisons. L'une des raisons de l'interdiction de certaines nourritures et leur exclusion de notre régime alimentaire conformément à nos lois diététiques, ce sont les effets qu'ont les aliments sur notre nature, ou même sur notre santé physique et mentale. Maïmonide, qui était aussi le médecin le plus éminent de son temps, déclarait : «J'affirme que les aliments interdits par la Torah sont malsains » (Guide des Egarés, III ch. 48). En langage moderne, nous pourrions dire que nous Juifs sommes simplement « allergiques » à la nourriture tréfah (défendue par la Torah), que nous le sachions ou non. Les effets pourraient ne pas se manifester immédiatement. Ce qui est certain c'est que les aliments prohibés ne sont pas bons pour nous, même du point de vue physique. Et le commentaire sur la Torah du Ramban (Na'hmanide), de même que le Choul'hane Aroukh déclarent que l'une des raisons de la cachrout est le fait que la nourriture que nous mangeons devient partie intégrante de notre chair et de notre sang; par voie de conséquence, notre nature entière (et non seulement notre santé physique) s'en trouve affectée. Aussi nous est-il interdit de manger les bêtes et les oiseaux de proie, le porc et certaines autres créatures afin de ne pas acquérir les traits et les caractéristiques naturelles de ces bêtes carnassières et rapaces. Les animaux qui ruminent et qui ont le sabot fendu sont des créatures paisibles, elles ne font pas de mal. Elles ne sont pas féroces, cruelles et avides de sang comme les bêtes de proie. Ainsi, en mangeant cacher nous nous assurons une nourriture sainte (que notre Créateur, le plus grand de tous les médecins nous a prescrite) non seulement à notre corps, mais aussi à notre esprit et à notre nature la plus profonde et la plus importante. Car la nourriture cacher stimule en nous le penchant à utiliser l'énergie qu'elle nous dispense à faire le bien et à abhorrer le mal. Soulignons encore une fois que c'est là l'une des raisons, et non la seule. Mais à elle seule, elle devrait être suffisante à nous éloigner de toute nourriture prohibée. Il y a quelque chose de particulier que peuvent nous apprendre ces deux caractéristiques («la rumination» et «le sabot fendu») qui se rattachent d une certaine manière à la propreté et à la pureté chez les animaux. Bien que l'homme ne fasse pas partie du règne animal, mais d'une catégorie qui lui est propre (en tant que créature douée de parole - médabère), il y a néanmoins en lui des particularités que possède l'animal. Mis a part les besoins physiques, tels que le manger, le boire et le dormir, etc. (nonobstant le fait que ces besoins doivent être satisfaits d'une manière et dans un but spécifiquement humains, et non pas pour le plaisir de manger, de boire, etc.) tout être humain a en lui quelque chose «d'animal » qui est appelée néfèche habahamite («âme animale »). Cette particularité que l'homme a en commun avec l'animal réside dans son corps ensemble avec la néfèche elokite («l'âme Divine»), laquelle participe à la Divinité même.
Réfléchir maintes et maintes fois
Etant donné que la rumination et le sabot fendu sont des signes de pureté chez l'animal, ils le sont également dans la nature animale de l'homme. Tout d'abord il faut rechercher des signes de pureté dans tout ce qui se rattache à notre nature animale. C'est, déjà en soi, un principe important. Nous devons chercher à découvrir si les aspects de notre vie se rapportant à nos besoins élémentaires, animaux, tels que le manger, le boire, le travail, etc, portent l'empreinte de la pureté. Ici interviennent deux choses : la rumination et le sabot fendu dans un sens particulier. Expliquons-nous. Ruminer signifie aussi se souvenir d'une chose, y penser, y réfléchir. De l'idée des ruminants, nous aboutissons à celle de rumination chez l’homme, ce qui veut dire réfléchir maintes et maintes fois. Bien entendu, nous ne parlons pas de rumination physique, ni de nourriture ordinaire, mais de nourriture pour la pensée. Souvent, il nous arrive de faire nôtre des idées sans prendre le temps de les assimiler. Certaines d'entre elles sont bonnes, d'autres mauvaises. Nous devons prendre le temps de les ruminer, afin d'absorber réellement les bonnes et rejeter celles qui ne le sont pas. La rumination chez les animaux est la fonction de la bouche, et chez l'homme la fonction de la tête. De la tête nous passons au pied.
Une Parsah
Le sabot fendu a deux aspects : le sabot lui-même {parsah}, et sa fente qui le sépare en deux parties. Le sabot est une épaisseur cornée qui recouvre les pattes de certains animaux. Différents en cela des animaux qui marchent sur les pattes nues, ils n'ont pas, eux, de contact direct avec le sol, car le sabot les en sépare (en hébreu, parsah, veut dire aussi séparation). Appliquant cette image à la néfèche habahamite de l'homme, la leçon à en tirer est qu'un être humain ne doit pas être totalement immergé dans les choses terrestres. Une ligne doit être tirée, une parsah entre ce qui est nécessaire et ce qui ne l'est pas. Car en se complaisant dans les choses matérielles et qui ne sont pas nuisibles en elles- mêmes, l'homme en arrive facilement à trop s'y complaire, ce qui devient alors nuisible. Et de même que le sabot doit être fendu en deux parties, une à droite et une à gauche, ainsi l'animal dans l'homme peut être « pur » dans les aspects terrestres et matériels de la vie à condition qu’il existe un système de contrôle et d'équilibre, comme les deux plateaux d'une balance. Autrement, l'homme devient esclave de ses habitudes et se conforme à un seul schéma préétabli. Tel est le parallèle entre l'animal pur et cacher et « l'animal » pur et cacher dans l'homme. Dans les deux cas, les signes de pureté et de cachrout se trouveront dans les deux caractéristiques : la rumination et le sabot fendu.
Par le pied et la bouche
Enfin, mentionnons encore un point aussi intéressant que significatif. Dans les troupeaux, une épidémie très redoutée peut éclater : la fièvre aphteuse. C'est une maladie grave causée par un virus et on la reconnaît aux aphtes qui apparaissent dans la bouche et autour des sabots de l'animal. De plus, c'est une maladie contagieuse qui peut se communiquer facilement non seulement d'un animal à l'autre, mais aussi à l'homme. N'est-il pas remarquable que le pied et la bouche soient liés ainsi ? Cette circonstance souligne encore davantage les leçons que nous devons tirer de la nature, car tout dans le monde physique est la contrepartie de quelque chose de semblable dans le monde spirituel. C'est au pied et à la bouche que nous reconnaissons l'animal pur; et si l'animal est malade, la maladie se révélera dans son pied et dans sa bouche. De même en ce qui concerne la partie «animale» de la nature humaine. Pour être pur et sain l’animal cacher chez l’homme doit porter les signes de la pureté et de la santé relatifs à la rumination et au sabot fendu. Alors, elle se mettra sous l'autorité de l'âme divine qui est toujours pure et sainte. Il en résultera que l'individu ne sera pas déchiré par deux natures perpétuellement opposées ; il jouira de la bénédiction que représentent l'harmonie et la paix intérieures et s'acquitte ainsi de la tâche que D.ieu lui a assignée sur cette terre.
L’origine biblique de la cacherout
Les animaux purs et impurs
Le Deutéronome, XIV, 3-8, précise : "Tu ne mangeras rien d'abominable. Voici les animaux que vous pourrez manger: le boeuf, le mouton, la chèvre, le cerf, la gazelle, le daim, le bouquetin, l'antilope, l'oryx et la chèvre sauvage. Tout animal qui a le sabot fourchu et fendu en deux ongles et qui rumine". "Voici ceux que vous ne mangerez pas parmi ceux qui ruminent ou qui ont le sabot fourchu et fendu : le chameau, le lièvre, le porc, et vous ne toucherez pas à leur cadavre". Sont donc aussi exclus chevaux, félins, chiens, lapins, ainsi que le gibier (lièvres, sangliers). Les animaux devant être abattus rituellement, ceux tués à la chasse ne peuvent pas être consommés. Le porc symbolise l'animal défendu par excellence, celui qui inspire la plus vive répulsion. Quant aux oiseaux et gallinacés, sont purs ceux qui se nourrissent de graines (donc ni les rapaces, ni les nécrophages), comme dit dans le Deutéronome, XIV, 11-20 : "Voici les oiseaux dont vous ne mangerez pas : l'aigle, le gypaète, l'orfraie, le milan noir, le vautour, les espèces de milan rouge, de corbeaux, de hérons et d'éperviers, l'autruche, l'hirondelle, le tétras, le chat-huant, la mouette, le hibou, la chouette, l'ibis, la hulotte, le percnoptère (sorte de vautour), le cormoran, la cigogne, la huppe, la chauve-souris ainsi que les insectes ailés". Ne peuvent être consommés que : poules, oies, dindes, quelques espèces de canards domestiques et de pigeons.
La Cachrout dans la loi juive II est impossible de rappeler ici toutes les lois de la cachrout. Nous vous en donnons donc un simple aperçu et n'hésitez pas cependant à nous écrire, à nous téléphoner ou à interroger votre rabbin local pour demander plus de détails.
I. LA CACHÉRISATION DE LA VIANDE Une viande achetée chez un boucher cacher (portant le panonceau certifiant l'accord d'un tribunal rabbinique compétent) ne peut être consommée qu'une fois cachérisée. Cette cachérisation peut être faite de deux façons : soit par lavage et salage, soit par grillage.
1. Lavage et salage On débarrasse le morceau de viande de tout caillot de sang pouvant s'y trouver. On trempe la viande dans un ustensile approprié réservé exclusivement à cet usage. La viande doit y être entièrement immergée pendant une demi-heure. On dispose ensuite la viande sur un endroit où le sang peut s'écouler librement (plan incliné ou grille au-dessus d'une bassine ou d'un évier). Là, on la sale avec du gros sel de tous les côtés de manière à obtenir une couche mince et uniforme. Ce salage dure une heure. Le salage terminé, on verse de l'eau au moyen d'un ustensile cacher, trois fois de suite sur le morceau de viande, puis on rince abondamment jusqu'à ce qu'il ne s'y trouve plus du tout de sel. Attention! Ce sel contenant du sang est taref. La viande une fois rincée est cacher et ne doit plus être en contact avec les ustensiles ayant servi à la cachérisation. Toutes ces opérations sont à faire avec de l'eau froide.
2. Grillade On rince la viande. Puis on la place sur une grille et non dans une poêle. On sale légèrement le morceau à griller avec du gros sel. On grille bien la viande de façon à laisser s'écouler le sang. On la rince sous le robinet. A présent la viande peut être grillée de nouveau.
Attention ! A. Une viande non rincée pendant 72 heures ne peut être cachérisée qu'en étant grillée selon les règles énoncées ci-dessus. Toutefois une telle viande ne pourra ensuite être cuisinée et devra être consommée telle quelle. B. Les endroits en contact avec le sang écoulé deviennent « taref ». Il convient donc de prendre des précautions. C. On ne peut cachériser le foie qu'en le faisant griller. D. Les poulets doivent être débarrassés de leurs entrailles avant la cachérisation. E. Toute anomalie présentée par le poulet extérieurement ou intérieurement doit être examinée par un Rabbin compétent.
II. PRINCIPE DE SÉPARATION DU LAIT ET DE LA VIANDE La vaisselle de lait doit se distinguer totalement de la vaisselle de viande (ceci englobe les verres, les assiettes, les couteaux, etc..) Le four doit servir exclusivement au lait ou à la viande. On ne peut, en aucune manière, cachériser des ustensiles de lait pour la viande et vice-versa. Les vaisselles doivent être lavées séparément. Un évier ayant été utilisé pour une vaisselle taref ne peut être utilisé directement pour y laisser de la vaisselle cachère. Un même évier ne peut servir pour le lait et la viande à la fois. Même un évier à deux cuvettes juxtaposées ne peut à la fois servir pour le lait d'un côté et la viande de l'autre. En pratique, on lavera chaque vaisselle indépendamment dans des bassines de couleurs distinctes que l'on placera dans l'évier. Il existe un principe selon lequel tout ce qui est «lait » doit être différencié de ce qui est « viande » par une marque reconnaissable (par exemple couleurs différentes, formes différentes, dessins, etc...). Aussi prendra-t-on garde de bien séparer : verres, argenterie, assiettes, appareils électriques, casseroles, mais aussi torchons, nappes, éponges, bassines, etc.
III. PRODUITS SURVEILLÉS 1. Certains produits peuvent contenir des ingrédients (tels que matières grasses, vinaigre...) dont la cachrout est douteuse. Il conviendra de s'en abstenir. 2. Tous les fromages et les gâteaux que l'on peut se procurer dans le commerce sont « taref ». Seuls ceux que l'on aura achetés dans des magasins juifs et qui auront été fabriqués sous surveillance rabbinique (un tampon ou le panonceau attestant que le magasin ne vend que des produits cachères doit en faire foi) pourront être consommés.
Mélange de poisson et viande On ne doit pas cuisiner du poisson et de la viande ensemble, ni les servir dans la même assiette. Si l'on sert de la viande et du poisson dans le même repas, il faut boire entre les deux plats. Certains ont la coutume de ne pas cuisiner, ni servir du poisson avec des plats lactés. Cherchez la teoudah (plaque de garantie) et vérifiez la date. « VIANDE CACHÈRE » ne veut rien dire et ne donne aucune garantie de cacherout. Ne faites pas d'erreur ! Choisissez votre boucher avec le même soin que vous choisissez un bon docteur. Assurez-vous de sa crédibilité : le tampon et la plaque de garantie du Beth Din ou d'une autre autorité rabbinique. Un boucher de confiance a toujours un machguia'h (surveillant) qui assure à la clientèle le respect des lois de cachrout.
Les fruits et légumes Sont consommables après rinçage à l'eau pure tous les végétaux et les fruits ("Je vous accorde tout herbage portant graine, tout arbre portant fruit, ils serviront à votre nourriture" Genèse, I, 29), sauf ceux qui sont dits Orlah (littéralement "prépuces"), c'est-à-dire les fruits d'un arbre pendant ses trois premières années. ("Tu apporteras à la maison de ton D.ieu les prémices des premiers fruits de ton sol", Exode, XXIII, 19 et XXXIV, 26), ainsi que ceux contenant des insectes (ou leurs larves).
Les Poissons Comment reconnaître un poisson cacher ? Les écailles sont la caractéristique essentielle de la cachrout d'un poisson ; en effet, tous les poissons ont des nageoires, mais seulement les poissons cacher sont pourvus de nageoires et d'écailles. S'il est impossible de détacher les écailles de la peau d'un poisson, ce poisson n'est pas cacher. S'il est très difficile de détacher ces écailles, on demandera l'avis d'une autorité rabbinique. Si, quand on achète un poisson entier (avec la tête et la peau), on peut reconnaître à son apparence qu'il s'agit d'un poisson cacher, il n'est pas nécessaire d'examiner s'il a des écailles.
Vers et insectes dans les poissons Certains poissons, comme les carpes ont quelquefois des insectes ou des vers dans la tête, dans le museau, dans les ouïes, ou adhérents à la peau. D'autres poissons ont des vers dans les intestins ou dans leur chair. Ces diverses possibilités dépendent des eaux d'où provient le poisson. On se fiera, à ce sujet, à la coutume locale, et on se renseignera auprès d'une autorité rabbinique pour savoir si l'examen est nécessaire et, le cas échéant, comment y procéder.
Immersion de la vaisselle Quand la tevila (immersion) est-elle nécessaire ? Les ustensiles employés pour la consommation ou pour la cuisson des aliments qui ont appartenu à un moment quelconque à un non- Juif et qui sont ensuite la propriété d'un Juif devront être immergés dans un mikvé, avant qu'on les utilise. Cette règle s'applique aussi bien aux ustensiles fabriqués dans une usine appartenant à un non- Juif, même s'ils ont été achetés dans un magasin juif, qu'aux ustensiles achetés dans un magasin non-Juif, même s'ils proviennent d'une fabrique appartenant à un Juif, même si seuls les grossistes étaient non-Juifs. Les ustensiles qui n'ont été qu'empruntés à un non-Juif ne seront pas soumis à l'obligation de la tevila, mais les ustensiles empruntés à un Juif qui ne les a pas encore immergés ne pourront être utilisés, sans que la tevila ait eu lieu au préalable. C'est une erreur courante de penser que les ustensiles peuvent être utilisés provisoirement sans tevila. Attention ! Certains types d'ustensiles ne sont pas soumis à la tevila et ne nécessitent pas une bénédiction au préalable.
Séjour à l'hôpital Si une personne doit aller à l'hôpital, il faudra prendre à l'avance toutes les dispositions nécessaires pour s'assurer qu'elle recevra de la nourriture cacher. Dans de nombreux hôpitaux, la direction permet que l'on apporte de la nourriture cacher, et on se renseignera auprès de l'infirmière responsable-pour savoir quel est le régime que le malade doit suivre et à quelles heures il est permis d'apporter à manger. Si l'on doit laisser la nourriture à l'hôpital, il faudra sceller les récipients qui la contiennent jusqu'à l'heure où le malade doit manger. Il est permis de demander à un non-juif d'apporter à l'hôpital les mets cacher même le Chabbat. Le service de la cachrout du Consistoire peut s'occuper de faire parvenir des barquettes dans certains hôpitaux.
L’année 5768 : année de la Chmitah
Définition C'est une année qui revient tous les 7 ans, prescrite par la Torah où les terres en Israël sont mises en jachère, en repos, où en ne sème pas ni ne consomme des récoltes de la terre appartenant à un Juif.
Les Sources dans la Torah Il y a plusieurs sources dans la Torah, et entre autres : chapitre 25 de Vaykra " quand vous serez entrés dans le pays que Je vous donne, la terre sera soumise à un chabbat en l'honneur de Hachém... La 7e année un chabbat absolu sera accordé à la terre, un chabbat en l'honneur de Hachém. (Ensuite seulement, on donne les prescriptions techniques) tu n'ensemenceras pas ton champ, tu ne tailleras pas la vigne, tu ne couperas pas la moisson, tu ne vendangeras pas"... chapitre 15 de Dévarim : "A la fin de chaque sept ans, tu feras chémita. Voici le sens de la chémita, que tout créancier jette tout créance d'un prêt qu'il aura avancé à son prochain. Il n'exercera pas de contrainte contre son prochain et son frère dès qu'on a proclamé la chémita en l'honneur de Hachém.
Bien que l’année de Chmitah soit une année de rémission de dettes, cependant, la loi d'abandon des dettes ne s'applique pas si le contrat a été déposé au Beth Din car le texte de Dévarim 15, 3 dit explicitement "ce que ton frère aura à toi, que ta main l'abandonne", donc cela ne concerne pas ce qui est dans la main d'autrui, à savoir le Beth Din. De même, les créances des orphelins ne sont jamais suspendues (voir Guittine 37a) car le Haut Beth Din de Rabbane Gamliel et tous ceux qui lui succèdent sont les défenseurs des orphelins et ont le pouvoir de faire rembourser en tous temps les débiteurs des orphelins.
Le Prosboul : C'est un règlement que Hillel a décrété dans l'interprétation de Dévarim 15, 4 pour ne pas défavoriser les gens généreux qui seraient abusés par des gens malhonnêtes à l'approche de l'année de chémita. Il a exclu de l'abolition des dettes celles qui seraient établies avant l'année sabbatique par un contrat passé devant une Cour rabbinique de justice, le Beth Din.
L’application des règles de la Chmitah aujourd’hui Avant d'acquérir des fruits ou céréales en provenance de la terre d'Israël, il faudra, pendant toute l'année 5768, savoir si ces produits respectent les lois de la cachrout de l'année de chémita. Une indication le précise sur les achats, sinon il faut s'abstenir de les acheter et se rendre chez le commerçant qui connait et applique ces règles. Les rabbinats locaux publient des feuilles qui donnent toutes ces indications. Ils organisent aussi des conférences qui enseignent toutes les règles liées à la chémita.
Le sens de la Chmitah L'année de la chémita est donc essentiellement centrée sur : la conscience que le monde n'a d'existence que par la Création et dépend uniquement de la bonté de D.ieu, la conscience que si la terre et la création produisent des fruits, ce n'est pas par notre effort ni par notre science ni par notre convoitise ou ambition mais par le Créateur qui a le droit et le pouvoir de nous faire renoncer à notre sentiment illusoire de propriété. La conscience que la générosité doit être la règle de base de l'ambition personnelle et de l'économie collective, la confiance dans le Créateur, l'utilisation de ce moyen pédagogique de l'abandon pendant un an de nos propriétés pour lutter contre toute tendance à l'ambition, à l'égocentrisme créatif, à l'avarice