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Les prédictions Alors que le Talmud (Sanhédrin 97b) ne ménage pas ceux qui tentent de calculer la date de la Rédemption, on observe cependant que nombre de nos sagesse sont adonnés à de tels calculs (R. Saadia Gaon, Ramban, Rambam,, etc.). Ils justifient leurs tentatives, en disant que 1’interdiction du Talmud s'applique a ceux qui mettent toute leur confiance et leur espoir dans ces dates, et se trouvent ainsi enclins à perdre la foi lorsque la date passe et que Machia'h n'est pas venu. Les calculs de ces Sages, d'ailleurs se réfèrent aux époques «favorables» dont on a parlé. De sorte que, même lorsque la Rédemption ne se réalise pas à ces époques données, cela ne signifie pas qu’ils ont fait une erreur. Ils n'ont fait, a juste titre que de déterminer certaines années Propices à la Rédemption, où Machia’h aurait pu venir plus facilement. Le fait qu'il ne soit pas venu effectivement nous indique que la génération n’était pas encore mûre ni digne des révélations messianiques. Sur un nuage ou sur un âne ? Machia'h « viendra sur un nuage » ou sera un pauvre monté sur son âne», rapporte le Talmud, selon que la génération, qui le verra sera méritante ou non. Parler de Machia'h, penser à lui, croire en sa venue, ne feront, sans aucun doute, que précipiter sa venue. Par ailleurs, il est dit qu'il viendra beesse’h adaat, à un moment ou on l'attendra le moins. Il serait même déjà là «à l'intérieur des murs, regardant à travers nos fenêtres ». La tradition juive, on le voit, n'est pas avare de métaphores et d'allégories, pour décrire l'avènement messianique. Événement imminent dans lequel nous devons espérer chaque jour, avec une croyance entière et parfaite, événement appelé aussi à avoir une résonance sans précédent sur l'humanité toute entière. za'hou (si les juifs méritent) le Messie viendra sur un nuage; lo za'hou, (s'ils ne méritent pas) il viendra sur un âne ». Quel est donc le message caché dans cette allégorie ? La 'Hassidout nous propose l'explication suivante : La création possède deux aspects : l'un est constitué de tout ce qui, par définition, contribue et participe à la révélation divine. Ce sont tous les « objets » avec lesquels la Torah nous enjoint de servir Dieu, et auxquels elle nous a donné un accès, sans réserve ni limites : les Téfiline, la prière, l'étude de la Torah etc. Par leur essence même, ces objets « méritent » (za'hou). L'autre aspect est représente par tout ce que l'univers possède de purement matériel et qui, à ce titre, peut être indifféremment participer à la révélation divine, dans ce monde, ou comme on le voit si souvent, y faire résolument entrave. Ces objets, eux « déméritent» (lo za'hou). Mais paradoxalement, c'est ce dernier aspect du monde, par la façon dont nous l'appréhendons, qui peut le plus nous permettre de témoigner notre sincère attachement à D.ieu. En effet, les objets matériels que nous utilisons dans notre service divin ; (les tefiline, la mezouza, etc.) sont déjà, raffinés, épurés de leur grossière matérialité. En revanche, lorsque nous sanctifions notre vie quotidienne ; dans tous ses plus infimes détails, tels que le manger, et toutes nos occupations bassement matérielles, nous dévoilons l'étincelle divine dissimulée dans la matière, qui devient alors elle aussi, un instrument et un réceptacle pour la Présence Divine. Ainsi, si nous ne servons D.ieu qu'à travers les éléments qui «méritent», c'est-à-dire, déjà empreints de sainteté, le support de Machia'h nous dévoilera. Si par contre, nous manifestons notre attachement à D.ieu même à travers les éléments qui, à priori, « déméritent », parce que non empreints encore de sainteté, alors le Machia'h sera porté par un « âne » ('hamor, âne, comporte les mêmes lettres que le mot 'homer, matière, car la matière même participera à cette révélation, réalisant ainsi le verset : « Et toute chair verra que la bouche de D.ieu a parlé, c'est-à-dire que l'œil humain pourra alors percevoir l'origine divine de la création et de son contenu. Chaque Juif a la faculté de sanctifier et de spiritualiser la matérialité du monde, en raison de l'«étincelle de Machia'h que chacun porte en lui ». Quant au désespoir et à la lassitude qui pourrait nous habiter, au moment où notre esprit et notre entendement ne sauraient même plus concevoir un tel avènement, il faut en distraire notre esprit. Et c'est à ce moment-là, précisément, où nous auront dépassé notre entendement, que Machia'h viendra beésse’h adaat, au-delà de toute attente et de toute logique possible. LA RESURRECTION DES MORTS La Zohar enseigne que la Résurrection commencera quarante ans après le rapatriement de tous les exilés en Terre Sainte, et se poursuivra, par intermittence, jusqu'à ce que tous les Juifs soient ressuscites. Selon le Talmud, ceux dont la tombe est en Israël seront les premiers à ressusciter, puis ce sera le tour de ceux qui sont enterrés en Diaspora. Le Zohar écrit par ailleurs que les Tsadikim (les Justes) et les érudits en Torah ressusciteront avant le reste du Peuple Juif. L'important est de savoir que tout Juif aura droit, tôt ou tard, à la Résurrection, à la vie éternelle. Les exceptions à la règle Le Rabbi de Loubavitch a expliqué, quelques années auparavant (en se basant sur les enseignements de nos Sages) qu'il sera fait exception à ce processus de Résurrection : Moche, Aaron et tous les grands Tsadikim ressusciteront immédiatement, dès la venue de Machia'h, pour être, présents, lors de l'inauguration du Troisième Temple. La Résurrection : Où ? Les Sages disent que l'âme rejoindra le corps en Terre Sainte. Les corps de ceux qui sont enterrés en Diaspora, devront, par conséquent, rouler sous terre jusqu'à ce qu'ils arrivent en Israël où ils seront ramenés à la vie. Les Justes, eux, seront épargnés de cette souffrance imposée au corps. Des tunnels spéciaux se formeront pour eux le long desquels ils marcheront jusqu'en Terre Sainte où ils sortiront de la terre et reviendront à la vie. Le Processus de la Résurrection. On rapporte l'anecdote suivante à propos d'Andaryanus qui demanda, un jour, à Rabbi Yéochoua, fils de 'Hananya : « Comment D.ieu fera revivre le corps ? » Le Rabbi répondit : « A partir d'un petit os en haut de la colonne vertébrale, appelé louz. « Comment le sais-tu ? », « Apporte-moi l'os et je te montrerai ». On lui apporta l'os et on essaya de le moudre, mais rien n'y fit. On le jeta au feu, il ne fut pas brûlé ; on le jeta à l'eau, mais il ne se décomposa pas. On le plaça sur une enclume, le marteau se brisa et l'enclume se fendit en deux, mais l'os résista. Dans le livre Eliaou Rabbah il est écrit que cet os est nourri uniquement par la nourriture que l'on prend à la sortie du Chabbat, au repas de Mélavé Malka. La mort et la putréfaction n'ont pas d'emprise sur lui. Quelle en est l'explication ? Adam et Eve mangèrent du fruit de l'Arbre de la Connaissance, un vendredi après-midi. Le fruit défendu alimenta le corps et amena la mort sur toutes les parties du corps, sauf cet os-là, car cet os ne nourrit pas le vendredi, jour de la fatale chute pour l'Humanité. Le Zohar écrit qu'au temps de la Résurrection, D.ieu ramollira cet os avec la « Rosée de Résurrection » (qu'on appelle aussi la « Rosée de Torah ») ce qui formera un liquide clair et pur. Les autres parties du corps conservées à cette époque-là seront unies avec cet os ramolli pour former une seule masse. Puis cette masse durcira, s'étendra et prendra forme. A cette forme, viendront s'ajouter la peau, la chair, les os et les vaisseaux sanguins. Enfin, D.ieu insufflera au corps, ainsi complété, un souffle de vie. La Résurrection des blessés et des malades Nos Sages enseignent : « telle que la personne était au moment de son départ ce monde, telle elle reviendra. Si elle est aveugle, elle ressuscitera aveugle ; si elle était sourde, elle ressuscitera sourde ; si elle était muette, elle reviendra muette. Elle portera les mêmes vêtements qu'elle portait, au moment de sa mort ». Le Saint Béni Soit-il, dit « qu'ils se relèvent tels qu'ils étaient avant, et Moi Je les guérirai. » Comment ? D.ieu ôtera alors l'écran qui enveloppe le soleil, laissant les rayons les plus intenses avec leurs pouvoirs guérissants d'origine divine parvenir jusqu'à la Terre et guérir tous ceux qui ont une part dans le monde futur. Et les vivants au moment de la Résurrection Tous ceux qui vivront à l'époque de la Résurrection devront mourir avant la Résurrection. « Poussière tu es, et à la poussière, tu retourneras», ce décret divin a été arrêté pour tous les humains depuis la faute originelle. Mais la mort et la désintégration du corps physique avec ses instincts, ses impulsions et ses tendances n'ont pas une fonction punitive. C'est plutôt un moyen de purification supérieure et un prélude à une forme de vie supérieure recouvrée dans le corps du Monde Futur, un corps d'une pureté et d'une sainteté la plus absolue. L'âme aussi, devra être lavée des impuretés acquises lors de son séjour sur terre, et revigorée pour recevoir les révélations futures. Cette préparation, l'âme la reçoit lorsqu'elle passe dans un monde spirituel plus élevé. Là-bas, au Gan Eden (que l'on appelle communément « Paradis »), elle voit la vie la plus sublime, lorsqu'elle sera de nouveau habillée dans le corps dans le Monde Futur. Les personnes nées avant la Résurrection et encore vivantes devront décéder, mais revivront aussitôt (Zohar). Bien qu'elles auront un laps de temps infime dans le Gan Eden, et donc, très peu de temps pour se préparer à la vie du Monde Futur, néanmoins, la grande intensité des révélations qui leur seront faites équivaudra alors à la longue préparation dont les autres auront bénéficiée pendant leur long séjour dans le Gan Eden. La Vie Future : une description .Dans leur description de l'ère de la Résurrection, nos Sages disent que l'homme n'aura plus besoin de manger, de boire, ni de faire du commerce. Les sentiments de jalousie, de haine et de rivalité disparaîtront. Les Justes « s'assoiront » avec leur « couronne » sur la tête, et ils jouiront éternellement du rayonnement de la Présence Divine. Maimonide interprète l'expression : « Les Justes s'assoiront » avec « des couronnes» de façon symbolique : « s'asseoir » implique l'idée que les Justes n'auront plus à. faire des efforts pour se procurer leur' subsistance et leurs besoins matériels. Les « couronnes » sur la tête est un terme essentiellement allégorique : leur connaissance des Révélations et de la Sagesse Divine seront considérées, pour ainsi dire, comme une « couronne » sur leurs têtes. Rabbi Chnéour Zalman nous donne l'interprétation 'hassidique de ces concepts : « s'asseoir » fait allusion à la tranquillité d'esprit et à la compréhension profonde des Révélations Divines. Quant aux « couronnes » sur la tête, il faut y voir une référence aux révélations qui seront au-dessus de leurs têtes, dans le sens où ils seront alors à même de percevoir et d'appréhender des révélations qui transcenderont leur intellect. Il est rapporté également dans le Talmud, qu'à cette époque, un repas spécial sera réservé aux Justes, et qui sera composé par le « Léviathan ». Il ne faut voir une contradiction avec le fait que le besoin de nutrition sera annulé à cette époque, car ce repas spécial sera consommé avant cette époque finale où l'homme n'aura plus besoin de manger ni de boire. La Résurrection : pour qui ? Nos Sages ont énoncé un principe général : « Tout Israël a une part dans le Monde Futur » (à comprendre dans le sens de l'ère de la Résurrection). Puis, ils énumèrent de nombreuses exceptions à ce principe. Maimonide écrit à ce propos que seul l'individu qui ne se sera pas repenti avant sa mort, n'aura pas de part au Monde Futur. Toutefois, celui qui aura opéré ce retour à D.ieu, ne fût-ce qu'au dernier instant de sa vie dans ce monde, aura assurément sa part. Maimonide ajoute : même l'impie qui se sera repenti en secret, bien qu'aux yeux du monde, il continue à mal se comporter, (et il aura en l'occurrence, à passer par une épreuve de purification) sa repentance sera néanmoins acceptée. Mais nos Sages nous donnent, en fait, plein d'espoir : si le fils a un bon comportement, il fait acquérir une part de ce monde futur à ses parents, qui normalement en auraient été exclus. Qui plus est : si quelqu'un intercède et prie pour son fils ou un parent, ou s'il accomplit des actions charitables en leur mémoire, l'intercession est certainement efficace. En fait, la prière peut aller jusqu'à obtenir la bienveillance divine pour un étranger. Allons encore un peu plus loin : même si quelqu'un fait partie de ceux qui ont perdu leur part au Monde Futur, du fait qu'il n'a pas opéré un repentir sincère, ou que personne n'a prié ni donné la charité en son nom, cependant, il peut encore bénéficier de sa part, si D-ieu purifie son corps par des souffrances post-mortem. Ces souffrances sont, en quelque sorte, une expiation nécessaire et suffisante pour lui permettre d'accéder au Monde Futur. Une âme et plusieurs corps Si un Juif n'a pas accompli sa mission sur terre lors de la première incarnation de son âme dans le corps, c'est-à-dire qu'il n'a pas utilisé et perfectionné jusqu'au summum de ses capacités, toutes les forces de son âme, celle-ci reviendra dans un deuxième, puis un troisième corps jusqu'à ce que sa mission soit définitivement parachevée. A l'époque de la Résurrection, tous les corps, sans exception, ressusciteront comme entités séparées. La partie de l'âme utilisée et dévoilée durant son premier séjour terrestre, fera vivre le premier corps, tandis que l'autre partie de cette même âme dévoilée lors de son deuxième séjour sur terre, fera vivre le deuxième corps, etc... De cette manière, tout Israël est assuré d'avoir sa part au Monde Futur, comme le Arizal (Rabbi Its'hak Louria) l'a exprimé : « Celui-ci a atteint la perfection dans un laps de temps court, celui-là dans une période plus longue, mais en fin de compte, ils seront tous comptés parmi les Justes... parce qu'ils (les Juifs) sont « le Fruit de Mes Plantations » qui est éternel, de la Lumière Infinie qui émane de D.ieu Lui Même, car l'âme a été insufflée dans le corps par D.ieu, et « parcelle » de l'Essence Divine, elle est ainsi devenue l'âme de chaque Juif ». Elle est par conséquent éternelle. |