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LE MACHIA’H VIENDRA "PAR SURPRISE" Il arrive que des gens demandent comment l’attente impatiente du Machia’h peut-être compatible avec l’annonce du Talmud selon laquelle « C’est seulement si on n’y pense pas, Beesse’h hadaat, que le descendant de David viendra. » Cette question représente un bon exemple d’une rhétorique qui découle d’un manque de compréhension des sources et des principes d’étude de la Torah. Même en admettant qu’il existe un enseignement talmudique qui exige qu’on se « désintéresse » du sujet de la Délivrance messianique, cela n’efface pas l’abondance de versets, de paroles des Sages et de lois qui stipulent le caractère essentiel de l’attente impatiente du Machia’h, ni les innombrables prières des jours de semaine, de Chabbat et des fêtes qui expriment notre hâte de voir la Délivrance, ni le grand nombre de maîtres de la Torah qui, à toutes les époques, furent des exemples vivants de l’espoir de voir la Guéoula. Sans calculs En réalité, il n’est pas nécessaire de déployer de grands efforts pour résoudre cette apparente contradiction. Les mots exacts du Talmud sont : « Trois choses viennent quand on n’y pense pas : le Machia’h, une trouvaille et un scorpion. » (Traité Sanhédrine 97a). Cela signifie que, à l’instar d’une trouvaille à laquelle on ne s’attend pas, le Machia’h se révélera soudainement, sans que l’on ait pu déterminer précisément ce moment à l’avance. Certains objectent que, dans cette discussion talmudique, il est rapporté que lorsque Rabbi Zeyra a entendu les Sages débattre du thème de la Délivrance, il leur a dit « De grâce, ne l’éloignez pas ! », justifiant ses propos par le fait que le Machia’h doit venir « quand on n’y pense pas ». Cependant ceci est éclairci par le commentaire de Rachi qui explique que ces Sages étaient en train d’estimer des échéances pour savoir quand le Machia’h viendra. Rabbi Zeyra a donc voulu signifier que calculer des dates repousse la venue du Machia’h car celui-ci viendra « par surprise », sans que l’on s’attende à sa venue à un moment précis. Nous prions pour la Délivrance, nous l’espérons à chaque instant de la journée (selon le texte de la prière de la Amida), mais de même qu’il est impossible de déterminer le moment où l’on fera une trouvaille ni celui où on croisera le chemin d’un scorpion, il est impossible de savoir quand la Délivrance messianique interviendra. Au contraire, les deux autres sujets mentionnés, la trouvaille et le scorpion, soulignent à quel point la conscience de l’attente du Machia’h ne peut se faire en s’en désintéressant : un homme peut passer sa journée à chercher un objet perdu, par exemple, il ne sera pas moins surpris de l’instant et de l’endroit où il le trouvera. De la même façon, un homme avançant avec précaution dans un endroit qu’il sait infesté de scorpions ne sait pas à quel moment il va se faire piquer. Ainsi en va-t-il de la Délivrance : nous y pensons, nous l’attendons, nous prions pour sa venue et nous y préparons, néanmoins il est clair que le moment précis de son avènement nous surprendra. Le Maharcha explique le lien entre le Machia’h, une trouvaille et un scorpion dans un commentaire extraordinaire : « Si le Juif est méritant, la venue du Machia’h le surprendra comme le ferait une bonne trouvaille, elle le réjouira et lui profitera. S’il n’est pas méritant, la venue du Machia’h sera pour lui comme la mauvaise surprise d’une piqûre de scorpion. » Toujours surpris Les textes de la ’Hassidout donnent des interprétations encore plus profondes de ce passage du Talmud. L’une d’entre elles est que lorsqu’un Juif considère le monde qui l’entoure et arrive à la conclusion qu’il est logiquement impossible que le Machia’h vienne dans ces conditions mais, malgré cela, conserve toute sa foi en l’imminence de la Délivrance, il accomplit « esse’h hadaat » (enlever de sa penser-), sa foi en la Délivrance « dépasse sa pensée » et son intellect. Il est expliqué dans le Tanya que le dévoilement du Machia’h est un évènement qui transcendera les limites de la raison, ce sera « le dévoilement de l’essence commune à toute chose ». C’est un cadeau d’En-Haut auquel l’homme ne peut parvenir par la seule force de son esprit. D.ieu le lui donnera d’une manière qui transcendera sa logique humaine. Le Rabbi de Loubavitch explique que esse’h hadaat est une forme d’attente de la Délivrance messianique. Nous ne devons pas attendre la venue du Machia’h sur la base de notre compréhension des bienfaits que nous retirerons de l’ère messianique. Nous devons écarter notre pensée de tous les bienfaits matériels et spirituels que la Délivrance amènera pour nous concentrer sur son véritable objet : que la volonté divine soit réalisée et que le monde soit une résidence pour D.ieu. Que D.ieu nous préserve donc d’écarter notre pensée de la Délivrance. Au contraire, l’attente impatiente est la meilleure expression de la foi en son avènement. Apocalypse, rêve ou utopie ? Monde de l'Apocalypse, monde de l'imagination, du rêve... Utopie, vue de l'esprit ou certitude, vérité absolue... Promesse divine ou prophétique... Entreprise difficile que de vouloir décrire une époque dont nous ne connaissons, en réalité, que très peu de choses. Et pour preuve : la Torah écrite n'en parle pas, si ce n'est sous forme d'allusions, comme on le verra plus tard. Quand Machia'h (le Messie) viendra ? Qui sera-t-il? Comment sera le monde alors ? Les deux premières questions dépassent l'entendement humain, mais la troisième a suscité déjà quelques réponses. Que des milliers de questions sur cette époque ! Mais, malheureusement, très peu de réponses à fournir. Commençons par Maimonide (Rambam). A la fin du chapitre sur les Rois, après une discussion sur les soubresauts et les « douleurs » de l'époque pré messianique, comparées aux douleurs de l'accouchement, et sur la fonction de Machia'h ainsi que sur les transformations qui surviendront, Maimonide écrit ceci : « Tous ces sujets transcendent notre connaissance jusqu'au jour où ils se réaliseront. Les affirmations des Prophètes sont énigmatiques, et nos Sages n'ont reçu aucune tradition quant à l'interprétation qu'il faut donner à ces événements, d'où les nombreuses controverses à ce sujet. Quoiqu'il en soit, vouloir comprendre tous les détails de cette époque n'est pas fondamental, dans notre religion. Personne ne doit chercher à percer le sens des Agadot (paraboles) et des Midrachim (homélies) qui traitent de ce sujet. On ne doit pas les considérer comme essentiels, car ils ne mènent ni à la crainte, ni à l'amour de D.ieu.» Maimonide suggère ici une définition fort intéressante de la notion de connaissance, qui vaut la peine que l'on s'y attarde : seule une connaissance susceptible d'influencer et d'améliorer notre comportement, est valable ; l'autre sorte de connaissance n'a aucune importance pour nous. Maimonide rejette donc toutes tentations de spéculations sur certains aspects de l'époque messianique et d'autres sujets connexes tels que le monde futur, etc... Spéculations futiles ? Oui, parce que l'homme reste inéluctablement limité dans ses spéculations par ses propres expériences. Son pouvoir d'imagination est sans cesse rivé à son environnement familier, ou à la déformation de cet environnement. Demandez à quelqu'un de spéculer sur les possibilités de vie sur Mars. Il vous dessinera des petits êtres verts, à quatre oreilles, les yeux derrière la tête, des antennes sortant du nez, et d'autres imitations de ce qu'il connaît déjà bien. Que sera le monde quand Machia'h sera là? Toutes nos spéculations et explications seront toujours empreintes de l'influence de notre passé, et notre passé n'a jamais inclus une expérience de ce genre. Ainsi, spéculer sur le Olam Abah, le monde futur, ne servirait strictement à rien, et serait, ni plus ni moins, du temps perdu. Notre expérience quotidienne, c'est le physique, le matériel, le corps. La douleur est une douleur physique et le plaisir est, lui aussi, physique. Plaisirs et douleurs sont continuellement associés à notre vie de tous les jours, comme l'angoisse ou la déception, ou le plaisir et la satisfaction que donnent les enfants, par exemple. La perception humaine : le familier et le physique Continuons à élaborer sur le sujet des perceptions et des spéculations humaines. Lors d'une conférence-débat, le célèbre mathématicien, le Professeur Paul Rosemblum, donna son interprétation du premier chapitre de 'Chaar Hayi'houde Veaémouna, deuxième partie du Tania (l'œuvre fondamentale du fondateur du 'Hassidisme 'Habad, Rabbi Chnéour Zaïman de Liadi). «Qu'est-ce que cet objet-là?», demanda-t-il. Pour la plupart d'entre nous, c'est un objet en bois, pour le physicien, ce sera une masse de molécules. Évidemment, les deux réponses sont exactes, bien que la perception diffère. Le physicien « voit » ce que le non-initié ne voit pas. Et si on demande à une troisième personne ce qu'elle voit, cette fois, un homme de D.ieu, un Juste, il répondra : « la force créatrice de la Parole Divine ». Donc, hormis ces êtres rares dont l'âme « voit », et non pas leurs yeux de chair et de sang, nous percevrons la réalité des choses, dans toute sa matérialité, alors que le spirituel et le divin ne sont appréhendés qu'au prix d'efforts et de mérites personnels. L'architecte qui voit un gratte-ciel ne voit pas la façade extérieure, mais plutôt les fondations qui soutiennent la charpente. L'anatomiste ne perçoit pas la peau et la chair visible à tous, mais le squelette, les organes internes, tout ce qui fait « l'homme » et qui reste caché à l'œil non averti. Machia'h : le transformateur de la nature et des perceptions humaines. Un coucher de soleil, une tempête en mer peuvent éveiller en nous une émotion religieuse vraie, comme il est dit : « Que Tes œuvres sont grandes ». Donc, l'homme, dans une certaine mesure, est capable de percevoir au-delà du perceptible immédiat, de voir sous la surface, de détecter l'étincelle de vie instillée par D.ieu. Or, c'est précisément là que Machia'h entre en jeu. Il changera l’homme et ses perceptions humaines. « Toute chair verra (à cette époque-là que la bouche de D.ieu a parlé ». La chair percevra le divin et le monde physique passera au second plan. L'œil de chair verra l'âme de chaque chose, et D.ieu aussi. Mais il y a bien plus. Dans la nature de l'homme, deux éléments luttent pour la suprématie : le bien contre le mal, l'indulgence contre la sévérité, etc. Cette lutte est mise en évidence lorsqu'on a affaire au meurtre, au vol ou à la luxure. Les forts brutalisent les faibles, l’esprit rusé dupe le naïf. Exploitation, domination, force, bref : le tableau est triste. L'homme en tant qu'individu, les hommes, les nations, les empires, expriment ces deux natures, dans la lutte acharnée qui les oppose. Le prophète parle du « loup vivant avec l'agneau ». Image de paix, idyllique que Machia'h concrétisera, certes. Les commentaires discutent si le symbolisme du «loup et de l'agneau » est à considérer comme tel, c'est-à-dire comme un pur symbole, ou s'il faut le prendre au pied de la lettre. Ils concluent que le loup puissant et prédateur vivra avec l'agneau faible et victime, que les individus et les nations ne se livreront plus la guerre. Le verset « ils ne lèveront plus l'épée » exprime la promesse que la guerre prendra fin. Nos Sages disent que lorsque Machia'h viendra, il montrera le Yetser Hara le penchant vers le Mal aux impies et aux Justes, et tous pleureront. Le Juste, parce qu'il aura réussi à surmonter cette énorme montagne, et l'impie parce qu'il se sera laissé intimider par ce petit rien! Rabbi Chéour Zalman dit, dans le Tanya (Chap.6), que l'ère messianique et, en particulier, l'ère de la Résurrection des Morts constituera l'apogée et l'accomplissement final de l'objectif divin qui a présidé à la Création du Monde. Cette époque ne se fera pas automatiquement, mais dépend de nos actions, est de notre dévotion envers D.ieu, Sa Torah et l'observance des Mitsvot, tout au long de l'époque actuelle, c'est-à-dire pendant toute la durée de l'exil. Le Midrache Tan'houmah explique que la raison de la création du Monde est que D.ieu a voulu avoir une « demeure » dans ce bas monde. LES DIFFERENTES ETAPES Lorsqu'un homme est dans sa maison, il agit naturellement, sans avoir besoin de se cacher et de se limiter. De même, D.ieu désire que l'homme, et à travers lui, la création toute entière, se purifient et se développent spirituellement jusqu'à ce qu'ils soient aptes à devenir une «demeure », un réceptacle pour la Présence Divine qui se révélera alors totalement. Or, de tous les commentaires du Midrache et du Zohar, il ressort que la transformation de cette terre en une demeure pour D.ieu se fera en trois étapes successives : 1) l'époque actuelle ou l’exil 2) l'ère messianique, 3) l'ère de la Résurrection. L'exil L’ère actuelle que nous traversons, longue trame d'un exil deux fois millénaire, est le théâtre où le Bien et le Mal, le Spirituel et le Matériel se livrent une guerre impitoyable, comme il est dit : « et une puissance sera plus forte que l'autre ». Quelquefois, le Bien sort victorieux, quelquefois, c'est l'inverse. Chaque mitsvah que nous faisons, chaque mot de Torah que nous étudions, attirent sur nous et sur le monde, en général, la Présence Divine de façon plus intense. Cette sainteté cachée s'accumule dans le dédale des années et des générations, jusqu'au jour où elle éclatera au grand jour, après la venue de Machia'h. Par contre, les influences mauvaises et néfastes engendrées par les actions immorales, n'ayant pas d'existence en elles-mêmes (semblables à l'obscurité qui est, en fait, une absence de lumière), seront complètement neutralisées et retourneront au néant. Autrement dit, les effets des mauvaises actions humaines n'ont qu'une existence temporaire et disparaîtront, alors que la Sainteté, elle, est permanente, et quoique sommeillante, augmente en force grâce aux bonnes actions que l'on accomplit tous les jours. Or, beaucoup se posent inlassablement la question de savoir pourquoi notre génération mériterait-elle les révélations grandioses de l'ère messianique? Sans aucun doute, nos ancêtres, Tanaïm, Amoraïm (Sages de l'époque de la Michna et du Talmud) et tous les Sages qui ont suivi, ont-ils été bien plus méritants que notre génération. La réponse est simple : cela ne dépend pas de notre mérite personnel, mais du degré de purification auquel le monde sera parvenu. Nos ancêtres, avec leur Torah et Mitsvot, leur service divin raffiné, ont accompli la plus grande partie de ce travail de purification, d'épuration et de sanctification du monde. Seule, une infime partie nous a été échue. La génération qui verra Machia'h est comparable à un nain sur les épaules d'un géant. Bientôt, nous atteindrons la plaque tournante, le moment décisif où le spirituel prédominera sur le matériel « et la gloire de D-ieu se révélera, et toute chair verra ensemble que la "bouche" de Dieu a parlé ». (Isaïe 40 : 5). L'ère messianique Dans son livre Yad Ha'hazaka, Maimonide décrit les derniers affres de l'exil et le commencement de la Guéoulah (Rédemption). Au début du chapitre 11, il déclare que le Messie amènera la délivrance, et à la fin de ce même chapitre, il décrit l'ordre des événements: « Le Roi Oint (Machia'h) se lèvera et restaurera la Royauté de David, dans sa gloire et sa domination d'autrefois. Il reconstruira le Saint Temple, rassemblera les exilés d'Israël. Toutes les lois de la Torah seront renforcées comme autrefois, les sacrifices seront offerts, à nouveau les années sabbatiques et jubilaires seront observées, etc. Si un Roi de la Maison de David vient, versé dans l'étude de la Torah et qui, comme son ancêtre David, pratique scrupuleusement les commandements de la Torah, conformément à la Torah écrite et orale, et qu'il contraigne tous les Juifs à aller dans le chemin de la Torah, et répare les brèches faites, qu'il mène les « saintes guerres de D-ieu » (contre le Mal), alors seulement, pourra-t-on supposer qu'il est Machia'h. La venue du Machia'h était prévue avant la création du monde. (Midrache) S'il réussit à reconstruire le Saint Temple à sa place, (dans la vieille ville de Jérusalem), à rassembler les dispersés de la Diaspora, ce sera certainement Machia'h. Il ramènera les nations de la terre à adorer D-ieu à l'unisson. Les paroles des prophètes impliquent que l'arrivée de l'Ère Messianique sera marquée par une guerre finale (la guerre de Gog et Magog Ezekiel Chap. 38/39). Avant cela, un prophète se lèvera pour guider et préparer le peuple juif... Et il (le Messie) ramènera le cœur des pères aux enfants et le cœur des enfants aux pères (Mala'hi : 24). Mais personne ne sait exactement comment ces événements se passeront, jusqu'à leur échéance effective. Aussi, ne doit-on tenter de calculer la venue de cette époque, mais on doit attendre et croire en cette venue. Les Sages et les Prophètes n'ont pas souhaité l'Ère Messianique pour réaliser une hégémonie sur le monde entier, pour dominer les autres nations, pour que les nations les honorent ou les louent; ni pour manger, boire et se réjouir, mais uniquement pour être libre d'étudier la Torah et sa sagesse, sans persécutions, ni troubles, et pouvoir ainsi mériter du Monde Futur (la Résurrection). En ce jour là (l'ère messianique) il n'y aura ni famine, ni guerre, ni jalousie, ni conflit. Les bénédictions seront abondantes... Et le seul souci du monde entier sera de connaître D.ieu. Israël sera, par conséquent, grand en sagesse, connaîtra la partie ésotérique de la Torah, et comprendra le Créateur autant que peut se faire, comme il est écrit : « Car la terre sera emplie de la connaissance de D.ieu, comme l'eau recouvre la mer ». (Isaïe 11 : 9). » Dans Iguéret Hakodèche (Chap. 26) Rabbi Chnéour Zalman écrit : « bien que le Peuple d'Israël aura été victorieux dans la bataille contre le Mal, il restera néanmoins parmi nous une faction connue sous le nom de « Erev Rav » (« une multitude amalgamée ») qui ne se sera pas débarrassée de ses mauvaises inclinations. C'est à son propos qu'il écrit : « le jeune mourra à 100 ans, et le pécheur, à 100 ans sera maudit (Isaïe 65 : 20). Le corps principal du Peuple Juif, cependant, aura atteint un niveau supérieur de développement spirituel. Les Juifs atteindront le niveau spirituel d'Adam, avant la faute, avec la vertu supplémentaire qu'ils ne seront plus enclins au mal et au péché. Torah et Mitsvot telles qu'elles seront accomplies à cette époque, les aideront à progresser dans l'échelle de la perfection et de l'élévation les plus sublimes. Rabbi Chnéour Zalman écrit que les plus hautes formes d'émanations divines, afflueront sur terre, et seront révélées par le biais de l'étude de la partie ésotérique de la Torah, et grâce à l'accomplissement des Mitsvot, allié à une grande ferveur, avec la pleine conscience de la signification et de la portée de chaque mitsvah. Pour le Peuple Juif seulement, il y aura nécessité d'étudier la partie cachée de la Torah, car le Niglé, la partie dévoilée de la Torah, telle qu'elle est universellement étudiée maintenant, sera connue de tous, et ne sera jamais oubliée: ou encore, Rabbi Chnénour Zalman écrit, par l'étude de l'essence cachée de la Torah, les Juifs connaîtront automatiquement la partie dévoilée. Il ne sera donc plus nécessaire de l'étudier directement. Mais la perfection absolue ne sera pas encore atteinte. Puisque le « Erev Rav » existera encore sur terre, son influence, aussi minime soit-elle, empêchera la révélation infinie de la sainteté suprême de D.ieu Lui-Même, sur terre. Et le Peuple Juif sera incapable de supprimer les restrictions contingentes au corps physique, qui entravent l'épanouissement total de l'âme. Il sera alors nécessaire, même pour ceux qui vivront l'expérience de l'Ère Messianique, de mourir avant le temps ultime de la Résurrection, afin de s'élever à un niveau de pureté absolue du corps et de l'âme. Alors seulement, les Juifs seront-ils fin prêts à recevoir les plus sublimes révélations qui se produiront après la Résurrection. En résumé, après la révélation du Machia'h, l'ordre des événements sera le suivant : 1) Restauration du Temple de Jérusalem. 2) Retour de tous les Juifs de la Diaspora à la Terre Sainte. 3) Résurrection des morts. Le troisième temple Nos Sages déclarent que le troisième et dernier Temple est déjà construit spirituellement par D.ieu Lui-même, et attend le moment propice, la venue du Machia'h, où il se matérialisera dans son ancienne enceinte, à Jérusalem, pour ne plus être détruit. Une opinion dit qu'un Cohen, un prêtre, doit toujours rester lucide et sobre afin de pouvoir participer en un clin d'œil au service divin qui aura lieu dans le Temple. En effet, quand Machia'h se révélera, le Temple sera restauré immédiatement ainsi que les fonctions des Cohanim. SA PERSONNALITE Qui sera Machia'h ? Isaïe décrit Machia'h en ces termes : « Et un esprit (c'est-à-dire une prophétie) de D.ieu reposera sur lui, un esprit de sagesse et de compréhension, de connaissance et de crainte de D.ieu. Il sera doué de sens d'une subtilité extraordinaire qui lui permettront de déceler le bien et le mal dans l'homme... avec équité il jugera... et il détruira les méchants de la terre avec le bâton (c'est-à-dire les paroles) de sa bouche, et avec le souffle de ses lèvres, il fera périr les méchants ». Suit une description de cette époque : « Et le loup habitera avec l'agneau, et le léopard se couchera à côté du chevreau... et le veau et le lionceau... et un jeune enfant les conduira. Ils ne feront plus de mal ni ne détruiront... car la terre sera alors remplie de la connaissance de D.ieu (de la Torah) comme les eaux couvrent la mer ». Selon la 'Hassidout, cette prophétie, mise à part sa signification profonde, doit être prise au pied de la lettre. Cette connaissance de D.ieu n'élèvera pas seulement l'Humanité, mais apportera un changement radical dans le comportement de la vie animale. Et comme le prophète 'Habakouk déclarait, cette connaissance ira jusqu'à irradier le végétal et le minéral. « Car la pierre (si elle a été volée) criera du mur où elle est, et la poutre (volée) du toit lui répondra, en affirmant qu'elles ont bel et bien été volées, pour servir à la construction. Cela sera possible parce que l'étincelle divine que recèle même la matière inanimée entrera en communication avec les êtres humains. Ainsi toute iniquité sera connue et pourra être rectifiée ». Le précédent Rabbi de Loubavitch a écrit un jour à ce propos : «Aujourd'hui la matière est silencieuse. Les gens marchent sur la terre et elle ne dit mot. Mais le moment viendra où elle commencera à «parler » et «raconter» des choses. Elle demandera des explications : «Pourquoi les gens marchaient sur moi sans dire une parole de Torah ou penser à des passages de la Torah ? Il est certain que la matière inorganique ressent en fait les pensées ou les paroles de la Torah. Maintenant elle reste muette, mais un jour elle révélera tout ». Machia'h sera le roi : pourquoi ? Le Tséma'h Tsédek écrit qu'après les révélations messianiques, tout le Peuple Juif sera composé d'érudits en Torah. « Si cela est vrai », demande-t-il, « pourquoi Machia'h doit être un Roi ? Pourquoi doit-il régner en maître absolu » ? Habituellement, un Roi a pour tâche de faire régner la loi et l'ordre, « car sans la crainte du gouvernement, les hommes se mangeraient les uns les autres » (Pirké Avot). Dans le cas d'une société policée, le devoir du Roi est d'insuffler un esprit de soumission inconditionnelle à D.ieu et au mode de vie de la Torah. Dans les temps messianiques, cependant, tout Israël sera consacré à D.ieu et respectera la Torah et les Mitsvot, jusqu'au summum de ses capacités. Il aura besoin uniquement d'un grand juge ou d'un grand prophète comme Samuel dans son époque. Mais à quoi bon avoir un Roi ? Apparemment, cela semble superflu. C'est que, selon la terminologie toranique, le terme « Roi » connote une autorité à laquelle on doit obéir, non pas par crainte de la punition ou parce qu'on comprend qu'il faut exécuter la mission demandée, mais, principalement, parce que l'intelligence du Roi, du Roi idéal selon la conception de la Torah, dépasse véritablement celle de ses sujets. Le Roi a certainement une bonne raison d'ordonner telle ou telle chose, et bien que cela paraisse incompréhensible pour les autres, il importe de l'accomplir sans se poser de question, sans réflexion vaine ! Pareillement, nous trouvons dans la Torah ces deux aspects : l'homme doit s'efforcer de comprendre la Torah, jusqu'à l'extrême limite de ses capacités intellectuelles. Mais par ailleurs, il doit toujours se rappeler que l'essence de la Torah échappe à sa compréhension limitée. Néanmoins, cela ne doit pas l'empêcher d'adhérer inconditionnellement, et de croire en chaque affirmation de la Torah du fait qu'elle vient de D.ieu, l'Être Suprême. Machia'h aura, avec nous, cette relation bi-dimensionnelle fondée sur ces deux aspects. Il révélera et expliquera à tout le Peuple Juif les secrets les plus profonds de la Torah de sorte que tout un chacun pourra comprendre. Il aura lui-même des révélations divines dans la compréhension de la Torah, qui resteront inaccessibles aux autres juifs en raison de leurs capacités intellectuelles inférieures. Des millions de disciples L'extraordinaire grandeur de Machia'h devient plus encore frappante quand on se réfère à ce qu'en ont dit les Rabbis de Loubavitch dans les générations précédentes. Nos Sages déclarent que Machia'h enseignera personnellement a tout Israël ainsi qu'à tous ceux qui reviendront à la vie au moment de la Résurrection. Lorsqu'on réalise qu'il aura quelques millions d'élèves, on est en droit de se demander comment une personne pourra enseigner à tant d'êtres humains, en se mettant, qui plus est, à la portée de chacun. C'est que la méthode d'enseignement de Machia'h sera visuelle. Son enseignement sera perçu, compris et senti d'une manière si profonde que chacun pourra « visualiser » les concepts révélés et les saisir dans toute leur portée et leur plénitude. Au lieu de 60 ou 80 ans pour expliquer les notions verbalement, il ne faudra plus alors que 1 ou 2 heures. Les révélations de Machia'h constituent la première catégorie dont nous avons parle plus haut, qui lui vaudront le titre de « Maître ». Seconde catégorie de révélations, plus élevée cette fois, sera une expérience personnelle réservée à Machia'h lui-même. La transcendance de Machia'h, qui fera d'ailleurs sa supériorité, inspirera à tome une grande crainte et un respect sans bornes et lui vaudra alors le titre de Roi, autorité suprême en matière de Torah et dans le service de D.ieu. Les Rabbis de Loubavitch ajoutent que dans une certaine mesure, chaque juif pourra bénéficier et recevoir ces révélations infiniment hautes. Cependant, cela pourra se faire, non pas par un effort intellectuel, mais plutôt grâce à une soumission totale au Machia'h. MACHIA'H, POUR QUAND ? Les différentes époques La Guemarah dans Sanhédrin (98a), citant le verset d’lsaïe (60. 22), fait référence à deux dates possibles pour la venue de Machia'h, qui inaugurera la rédemption finale : a) BEH1TO Dans son temps : ligne de démarcation absolue au-delà de laquelle Machia'h ne peut plus tarder. Cette date limite n'a été révélée qu’à Yaacov et à Daniel, et nous est complètement cachée. b) A'HICHENA Je la précipiterai : allusion à la possibilité que la rédemption survienne avant la date limite, ceci dépendant uniquement des mérites de chaque génération. Une analyse des commentaires à ce sujet révélera que le « processus de précipitation » peut, en fait, se réaliser la manière suivante. 1) Par la possibilité que Machia'h arrive à n'importe quel moment, car «rien ne peut résister a la Techouvah (retour vers D.ieu) », et une génération hautement méritante ou le re- tour en masse à la Torah du Peuple Juif seraient assez puissants pour «forcer» son apparition. – 2) Lors de plusieurs époques particulièrement propices, au cours de l'histoire, où il aurait été, et sera plus facile de hâter sa venue. A cause du caractère favorable de ces dates et de ces époques spécifiques, il est possible de «forcer » sa venue dans un extrême effort spirituel de masse. La 'Hassidout nous enseigne que chaque «ITAROUTA DILTATA » « réveil d'en bas » (de l'homme) appelle un réveil similaire en haut «1TAROUTA DELHILA». Toutefois, l'équilibre entre les deux réveils varie; à des moments favorables (ETE RATSONE) un certain réveil d'en bas sera beaucoup plus efficace qu'à un autre moment. Suite... |