Rav Chemouel Salant a été Rav de Jérusalem à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. Un jeune couple venait se marier quelques jours avant Pessa‘h, et, conformément à la coutume, il avait été invité à passer cette fête chez les parents de la jeune femme. Pendant la soirée du Sédèr, on servit aux convives une assiettée de soupe. Horreur ! constata le jeune marié : Il flottait dans son assiette un grain de blé, du pur ‘hamets ! Il se mit à pousser des hurlements stridents, à ameuter tout le quartier, humiliant ainsi en public sa belle-mère qui ne comprenait pas ce qui avait pu se passer. Finalement, toute la famille se dirigea vers la maison de Rav Chemouel. Celui-ci, après avoir entendu les protestations de celle-ci contre l’attitude du jeune marié, demanda à celui-ci d’ôter son shtreimel et de le lui tendre. On s’aperçut alors que des grains de blé s’y trouvaient dissimulés. Il était en effet d’usage à Jérusalem, à cette époque-là, de lancer des poignées de grains de blé en direction du fiancé lorsqu’il était appelé à la Tora le Chabbath précédant les noces. C’est l’un de ces grains qui était tombé dans la soupe de Pessa‘h. La morale de cet histoire ? Mieux vaut, avant de critiquer ou d’accuser quelqu’un, et notamment sa belle-mère, regarder sous son propre chapeau. Peut-être ce qu’on lui reproche ne se trouve-t-il que dans la tête de son dénonciateur !
Un article de Jacques KOHN dans http://www.shemayisrael.com/rabbiforsythe/interpersonal/mitzvasshalom.htm Avec la permission de l'auteur.