| Imminence Magazine n°17 |
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Faut-il prononcer une bénédiction avant de donner la tsedaka ? Avant d'accomplir un commandement de la Torah ou un précepte d'ordre rabbinique, nous prononçons une bénédiction. La tsedaka fait exception à cette règle pour plusieurs raisons et en voici quelques-unes : 1) Un principe énoncé par les Sages affirme qu'une bénédiction n’est prononcée qu'avant un commandement réglementant les rapports entre l'homme et D.ieu. Ce principe exclut les commandements qui régissent les individus entre eux, et c'est le cas de la tsedaka. 2) Ce devoir ne dépend pas de celui qui l'accomplit, mais du bon vouloir de celui qui reçoit la tsedaka. En effet, le pauvre peut refuser le don. 3) Etant donné que nous sommes les dépositaires des sommes destinées à la tsedaka, ce ne sont pas réellement nos biens que nous employons pour ce devoir. 4) Ce précepte nécessite toute la joie de celui qui l'accomplit, et ce n'est cas pour la majorité des gens. A quelle période devons-nous pratiquer la tsedaka ? La tsedaka est une mistva constante sauf le Chabbat et les jours de fêtes. Cependant, il est des moments particulièrement propices pour donner la tsedaka. Ainsi, les femmes ont coutume de donner la tsedaka avant d’allumer les bougies de Chabbat ; à Pourim, les jours de jeûnes et les veilles de Roch Hachana, Yom Kipour, Roch ‘Hodèch et tout le mois d’Eloul, il est bon d’augmenter la tsedaka. Certains ont coutume de la donner avant ou pendant la prière du matin, de l’après-midi et même du soir. La tsedaka est un aromate qui parfume chaque prière que l’on adresse à D.ieu. Notre prière est donc plus agréée par le mérite de la tsedaka. Le Rabbi de Loubavitch a demandé que chaque enfant ait sa propre boîte de tsedaka dans sa chambre avec son nom inscrit dessus. Doit-on donner la tsedaka à un non juif ? De nos jours, pour raison de bonne entente entre les hommes, une institution rabbinique recommande de secourir les non-juifs : s’ils sont malades, de les soigner ou leur rendre visite, enterrer leurs morts, les nourrir et les vêtir. Le Rabbi a demandé que chaque dirigeant d’entreprise ait une boîte de tsedaka dans son lieu de travail afin d’encourager ses employés, juifs et non juifs, à donner chaque jour la tsedaka. Y a-t-il une somme précise à donner à la tsedaka ? La plus petite unité monétaire est valable, en l’occurrence 1 centime d’euros. Plutôt que de donner à la tsedaka un chèque avec une somme globale à la fin du mois, Maimonide recommande de diviser cette somme et de la donner chaque jour du mois car cela augmente nos mérites. On parle beaucoup du maasser. Pouvez-vous nous expliquer quelle est son importance et la manière de pratiquer cette mitsva ? Maaser signifie en hébreu 1/10. Il n’y pas de lois spéciales du Maasser des revenus dans le Choul’hane Aroukh comme les lois du Chabbat ou autres car l’obligation est seulement la mitsva de tsedaka, (cf Yoré Déa chap.249). Nous avons coutume de donner 1/10 de nos revenus mensuels. Donner 1/5, c’est accomplir la mitsva par excellence et cela est déduit des propos de Yaacov : « Et tous les biens que Tu m’accorderas, je veux T’en offrir la dîme » (Genèse XXVIII, 22). Deux dixièmes sont indiqués dans ce verset, soit 1/5. Donner le maasser aux pauvres permet de s’exempter de la tsedaka. Quelles sont les sommes soumises au Maasser ? Sont soumises au prélèvement du Maasser toutes les sommes provenant : d'un salaire, retraite, gain, allocation (ASSEDIC, RMI.) ou rémunération quelconque, de la location de biens mobiliers ou immobiliers, d'intérêts de placements financiers (Caisse d'Épargne ou autres), de plus value sur titres, de la Caisse d'Allocations Familiales (allocation pour jeunes enfants, d'adoption, allocation de rentrée scolaire, etc, le remboursement des frais médicaux par la CAF ou une Mutuelle, un héritage, la loterie, dons d’argent suite à un heureux événement (bar mitsva, naissance, etc …) Selon certains décisionnaires, les sommes à donner au titre du Maasser seront calculées exactement, au centime près. Nous ne pouvons, selon eux, évaluer approximativement le Maasser C'est la seule mise à l'épreuve autorisée de D.ieu, comme il est dit : « Et attendez-Moi à cette épreuve, …[vous verrez] si Je n’ouvre pas en votre faveur les cataractes du ciel, si Je ne répands pas sur vous la bénédiction au-delà de toute mesure » (Malachie III, 10) Bien que la bénédiction ne réside pas sur ce qui est comptabilisé, en la circonstance, c’est l’exception qui confirme la règle. Dans le cadre de cet article, il est évident que nous n’avons pas épuisé toutes les questions et réponses concernant le Maasser. Il existe de nombreuses opinions quant au prélèvement du maaser sur les revenus, l’écolage des enfants, etc…et par conséquent, en tout état de cause, il faudra consulter une autorité rabbinique compétente. Il existe un livre sur la tsedaka et le maasser qu’il est recommandé de lire et dont le titre est « La Pierre et la Justice. Lois et Coutumes concernant la tsedaka » de A. Chicheportiche aux éditions Colbo. |