| Imminence Magazine n°17 |
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Aux pauvres C’est est une prescription de donner la charité aux pauvres d'Israël, car il est dit : « Tu ouvriras bien ta main pour lui... » (Deut XV, 8), et il est dit : « et que ton frère vive avec toi » (Lév. XXV, 36). Quiconque voit un pauvre demandant la charité, en détourne ses yeux et ne lui donne pas la charité, transgresse une interdiction, car il est dit : « n'endurcis pas ton cœur et ne ferme pas ta main à un frère pauvre » (Deut. XV, 7). Avraham, le parfait modèle La charité est une caractéristique des descendants de notre père Avraham, car il est dit : « car Je sais de lui qu'il prescrira à ses enfants... de faire la charité... » (Gn. XVIII, 19). Le trône d'Israël ne sera affermi et la foi véritable ne se maintiendra que par la charité, car il est dit : «Par la justice, tu seras affermie... » (Is. LIV, 14). Plus important que les sacrifices Plus grand est celui qui fait la charité que tous les sacrifices, car il est dit: « Pratiquer la charité et la justice est plus agréable à D.ieu que le sacrifice : (Prov. XXI, 3). La condition de notre Délivrance Et Israël ne sera racheté que par la charité, car il est dit : « Sion sera rachetée par la justice, et ses captifs par la charité » (Is I, 27). Un homme n'est jamais appauvri par la charité, et rien de mauvais ni de nuisible n'arrive à cause de la charité, car il est dit : « Et l'œuvre de charité sera la paix... » (Is XXXII, 17). Gagner la miséricorde de D.ieu Quiconque est miséricordieux, on lui accordera miséricorde, car il est dit: « ... et Il t'accordera miséricorde, aura pitié de toi et te fera multiplier... » (Deut XIII, 18). Et quiconque est cruel, il y a lieu d'avoir des craintes quant à son origine. Le Saint béni soit-Il est proche de la plainte des pauvres, car il est dit : «et Il entend l'appel des pauvres » (Job XXXIV, 28). Pour cette raison, il faut faire attention à leurs cris, parce qu'une alliance a été conclue avec eux, car il est dit : « et s'il crie vers Moi, Je l'écouterai, car Je sui compatissant » (Ex XXII, 26) Donner au pauvre plutôt qu’au médecin Et nos Maîtres, que leur souvenir soit une bénédiction, ont dit dans le Talmud de Jérusalem : « Une porte qui ne s'ouvrira pas au pauvre s'ouvrira au médecin ». L'homme prendra à cœur le fait qu'il demande à toute heure sa subsistance au Saint béni soit-Il, et de même qu'il demande que le Saint béni soit-Il entende sa plainte et sa prière, de même il entendra la plainte des pauvres. L'homme prendra aussi à cœur le fait qu'il est une roue qui tourne dans l'univers et qu'il lui arrivera finalement, ou à son fils, ou à son petit-fils, de recevoir la charité, et il ne lui viendra pas à l'idée de dire : « Comment diminuerai-je mon argent en le donnant aux pauvres ? En effet, il doit savoir que l'argent n'est pas à lui, mais un dépôt pour en disposer suivant la volonté du déposant. Et c'est là le profit de toute sa peine en ce monde, comme il est écrit « ta charité ira devant toi... » (Is. LVIII, 8). La charité repousse le malheur décrété par la Providence et prolonge la vie. Donner la tsedaka selon ses moyens Chacun doit donner la charité suivant ses moyens. Même un pauvre qui vit de charité, par exemple celui qui possède un peu d'argent mais ne commerce pas avec, cas où il est permis de prendre de la charité puisqu'il n'a pas de capital suffisant pour subsister du revenu, comme il possède cependant de quoi subsister, il devra donner la charité sur ce qu'on lui donne. Même s'il ne peut donner qu'un peu, il ne s'en dispensera pas, car la petite somme qu'il donnera a la même valeur que la somme d'un riche. De même nos Maîtres, que leur souvenir soit une bénédiction, ont dit : « II est dit pour l'animal holocauste : sacrifice d'odeur agréable, pour l'oiseau holocauste : sacrifice d'odeur agréable, et pour l'oblation : sacrifice d'odeur agréable, pour te dire : tel celui qui fait beaucoup, tel celui qui fait peu, pourvu qu'il dirige son cœur vers son Père qui est aux cieux. Le degré supérieur dans la charité C’est celui qui soutient un Israélite qui s'appauvrit, dont la fortune chancelle, avant qu'il ne soit complètement pauvre, qui lui fait un don convenable de façon honorable ou qu'il lui prête de l'argent, ou qu'il conclue une association avec lui, ou qu'il lui procure quelque occupation ou travail afin de le soutenir avant qu'il n'ait besoin des gens. C'est pour cela qu'il est écrit « tu le soutiendras » (Lév. XXV, 35), c'est-à-dire soutiens-le avant qu'il ne tombe. Donner la charité en cachette S'il est possible de la donner de façon qu'on ignore personnellement à qui on la donne, et que le pauvre également ne sache pas de qui il la reçoit, c'est excellent. En tout cas, on ne doit pas se vanter de la charité qu'on fait. Pourtant, si l'on consacre quelque objet à la charité, il est permis d'écrire son nom dessus, pour qu'il soit en souvenir, et il est convenable d'agir ainsi. Les huit degrés progressifs dans la tsedaka selon Maimonide a) Le plus haut degré, c'est celui qui soutient un Juif qui s'est appauvri, soit par un don ou par un prêt, soit en lui trouvant une association ou un travail pour redresser sa situation de telle sorte qu'il n'ait plus besoin de demander de secours. A ce sujet, il est dit : « Tu soutiendras l'étranger et l'indigène et il vivra avec toi » (Levit. 25 35) c'est-à-dire aide-le à se relever pour qu'il ne retombe plus dans le besoin. b) Puis vient celui qui donne tsédaka aux pauvres de façon anonyme, il ignore à qui il a donné et le pauvre ignore qui lui a donné: il a accompli la mitsvah lichmah, de façon entièrement désintéressée. Dans le Temple, par exemple, il y avait une place secrète dans laquelle les hommes charitables allaient secrètement déposer de l'argent et ou les pauvres venaient secrètement chercher l'argent. Il n'y a pas grande différence lorsqu'un homme dépose dans un tronc. Mais un homme ne doit donner dans un tronc que lorsqu'il sait que les responsables des œuvres de charité sont dignes de confiance et sages comme Rabbi 'Hananya, fils de Teradyone. c) Vient ensuite le degré où celui connaît le bénéficiaire mais ce dernier ignore l'identité de son bienfaiteur. C'est le cas de nos Sages qui allaient en secret déposer de l'argent aux portes des pauvres. d) Degré inférieur au précédent que celui où le pauvre connaît son bienfaiteur mais où celui-ci ne le connaît pas, tels ces grands de nos Sages qui serraient des pièces d'argent dans des besaces qu'ils laissaient pendre derrière eux, les pauvres venant alors y puiser sans honte. e) Au-dessous, c'est celui qui donne au pauvre de la main à la main avant même qu'il ne l'ait sollicité. f) Puis c'est celui qui donne après avoir été sollicité. g) Au-dessous, celui qui donne moins qu'il ne devrait, mais gentiment. h) Enfin, celui qui donne à regret. |